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Erquy Plurien Environnement - EPE

Ces pesticides qui polluent l’air breton

Ces pesticides qui polluent l’air breton

De juin 2018 à juin 2019, l’Anses a réalisé une étude nationale pour mesurer la présence des pesticides dans l’air. Les conclusions bretonnes ne seront publiées qu’en septembre mais le Télégramme dévoile, en exclusivité, tous les résultats.

1 Pas plus de pesticides dans l’air breton que la moyenne françaiseC’est le premier enseignement de l’étude menée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) : les Bretons ne respirent pas un air plus riche en résidus de pesticides que la moyenne française. Pour l’affirmer, l’Anses, via les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA), dont AirBreizh, en Bretagne, a mené une étude d’un an sur cinquante sites français. En Bretagne, les mesures ont été prises à Henvic, près de Morlaix (29), dans une zone agricole riche en cultures légumières ; à Lamballe (22), en zone urbaine où l’élevage est intensif ; et à Mordelles (35), près de Rennes, sur un site hébergeant des grandes cultures en périphérie urbaine. « En France, il n’existe aucune réglementation en matière de pesticides dans l’air, explique Gaël Lefeuvre, directeur d’Airbreizh. Depuis une dizaine d’années, les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air font des prélèvements qui donnent des indications par-ci par-là. Cette étude est exceptionnelle car, pour la première fois, la méthodologie est unifiée. Mêmes dates, même protocole, même laboratoire d’analyses. C’est un premier pas vers une surveillance nationale pérenne des pesticides dans l’air ».

 

Ces pesticides qui polluent l’air breton (Le Télégramme)

2 Du prosulfocarbe, en veux-tu, en voilà…

Sur les 79 substances recherchées de juin 2018 à juin 2019, l’Anses estime que 32, par leur dangerosité, leur rémanence (*) ou leur concentration, réclament des investigations plus approfondies. « Cette campagne nous a permis d’identifier que certaines molécules n’étaient pas un enjeu, d’autres, oui, ajoute le patron d’Airbreizh. En France, le Folpel et le Prosulfocarbe sont les pesticides les plus présents dans l’air. En Bretagne, le Folpel, un fongicide principalement utilisé dans la culture du blé ou en viticulture, est peu présent. En revanche, partout en Bretagne, on retrouve de très importantes concentrations de prosulfocarbe, un herbicide très volatile employé dans la culture des céréales, notamment dans celle du maïs. À Mordelles, près de Rennes, sa concentration monte à 2,51 nanogrammes par m3 d’air alors que la moyenne française est de 2,61. À Lamballe : 2,08. À Henvic : 1,20. « La dangerosité du prosulfocarbe est inférieure à celle du glyphosate et du lindane », veut rassurer Gaël Lefeuvre. Dans la région, on retrouve aussi beaucoup de S-metolachlore, l’un des produits les plus vendus pour le désherbage chimique du maïs et du colza, et du triallate, un herbicide utilisé dans la culture du colza. Leurs taux restent dans la moyenne nationale.

3 Du glyphosate partout mais en petite quantité

Dans le débat national sur la réduction progressive des produits phytosanitaires, le glyphosate fait office de symbole. L’étude de l’Anses montre qu’en France comme en Bretagne, on le retrouve dans 75 % des échantillons prélevés. Mais à de faibles niveaux : 0,04 nanogramme par m3 d’air. « Cela peut paraître peu mais il ne faut pas aller trop vite dans l’interprétation, estime Gaël Lefeuvre. En médiatisant le glyphosate, on ne s’est pas trompé de débat. Il reste le pesticide le plus vendu en France et sa dangerosité est grande. Il est classé cancérogène probable. Il est également présent dans l’eau et les aliments… C’est la combinaison de tout cela qu’il faut évaluer ».

4 Interdit depuis 20 ans, le lindane est présent dans tous les échantillons

Plus incroyable encore, le lindane a été utilisé en France de 1938 à 1998. Cet insecticide a ensuite été interdit car il s’est avéré qu’il est un perturbateur endocrinien qui a des effets cancérogènes. Pourtant, plus de vingt ans après son interdiction en France, il a été retrouvé dans 100 % des échantillons en Bretagne. « Il va falloir que l’Anses identifie les motifs de cette persistance, détaille Gaël Lefeuvre. Nous, on suspecte qu’il y a une rémanence dans les sols. À chaque nouveau travail du sol, il est remis en suspension. Sur les sites d’Henvic et Lamballe, on le retrouve dans 100 % des prélèvements. À Mordelles, dans 97 % des échantillons ». Petit bémol cependant, le Lindane est retrouvé à une faible concentration : 0,03 nannogramme par m3 d’air à Mordelles et 0, 04 à Lamballe et Henvic. Les données en open data sont consultables en ligne sur le site d’Airbreizh.

5 Surveillance pérenne des pesticides dans l’air

L’objectif de cette campagne est de formuler, dans les mois qui viennent, une proposition de surveillance nationale pérenne des pesticides dans l’air. « La Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) va débloquer des fonds pour pouvoir continuer les mesures sur notre site de Mordelles », se félicite Gaël Lefeuvre.

* La rémanence est la persistance partielle d’un phénomène après disparition de sa cause.

Source : Le Télégramme, Rubrique Bretagne, 8 juillet 2020

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Commenter cet article

Florence Conan 09/07/2020 16:46

Pauvre Bretagne .....
Nous ne mettrons bientôt plus le nez dehors , entre air pollué aux pesticides et champs magnétiques à proximité du câble d’atterrissage transportant l’électricité des éoliennes nous allons être bien malmenés ......